vendredi 26 avril 2013

L'avenir d'Harmonia Mundi passe-t-il sans les boutiques ?







Le distributeur de musique fait figure de référence dans le monde de la distribution. Un réseau de distribution physique efficace, un réseau de boutiques dans toute la France, un site pour la VPC, des filiales dans le monde entier, un département distribution digitale en plein boum, le tout estampillé Harmonia Mundi et ses 50 ans d’existence.
Être la référence dans la distribution physique n’a jamais porté chance. En 2004/2005, Night & Day était le distributeur qui vendait du rêve. Quelle progression ! Quelle réussite ! Il déposera le bilan début 2006.
Même sort pour ce petit indépendant Nocturne qui s’arrêta en février 2009. Pourtant, comme Night & Day, Nocturne était l’exemple à suivre.
L’annonce d’un plan social chez Harmonia Mundi crispe encore plus une région déjà bien dévasté par les plans sociaux. Au menu, 38 emplois et la fermeture de 15 boutiques. Une réduction de 22 % de la masse salariale pour cette entreprise qui embauche 171 personnes.
Crise, baisse des ventes de disques, cette réduction de la voilure semble logique, pourtant ce plan social d’un secteur en crise questionne.


Harmonia Mundi fait honneur à sa réputation. Malgré la crise, elle maintient son activité et son chiffre d’affaires. Un exploit.
L’entreprise arlésienne a fusionné la logistique de sa distribution de disques avec Naïve, en grande difficulté, qui a bénéficié du réseau de magasins Harmonia pour reprendre un peu d’oxygène. Récemment c’est Discograph qui rejoignait la distribution Harmonia Mundi. Réduire le nombre de boutiques, c’est réduire les canaux de distribution possibles pour ses contenus. Et le public d’Harmonia Mundi consomme encore du physique, malgré la monté des ventes en téléchargement et l’apparition (enfin !) de formats dématérialisés à la qualité supérieure au CD et même au SACD.


L’avenir des boutiques, l’impasse d’Harmonia Mundi

Fermer des boutiques qui perdent de l’argent c’est un choix plus que logique vu la conjoncture actuelle d’un côté et la baisse continue des ventes de disques de l’autre. Même si un marché de niche existe et existera pour une musique sur support.


Les chiffres parlent d’eux-mêmes, c’est plus de la moitié des boutiques qui ferment (15 sur 28) sans qu’il y ait un transfert des ventes vers un disquaire concurrent, la VPC ou le numérique. Ces boutiques ne vendent que des références distribuées par Harmonia Mundi, leurs fermeture, c’est une perte sèche des ventes.
Et ce plan en annonce déjà un second pour la fermeture d’autres, (voir de toute à terme ?) boutiques.
Harmonia doit il se séparer au plus vite des points de ventes, aux risques d’engendrer des pertes sèches sur les ventes ou jouer la carte de la transition douce ?
Les boutiques sont une pierre angulaire du succès d’Harmonia Mundi et ont permis de réduire les pertes pendant les 10 dernières années. Même en perdant de l’argent, les boutiques Harmonia Mundi sont un canal de vente exclusif qui assure un volume de ventes pour les productions Harmonia Mundi comme pour les labels en distribution
L’enjeux est simple. garder des boutiques qui tendent vers le déficit mais qui assure un lieu dédié à la musique indépendante, lieu qui va prendre de plus en plus de valeur dans les années à venir ou fermeture pure et simple des boutiques ?
Assimiler les boutiques Harmonia Mundi à un espace de vente de bien culturel pour bénéficier d’aides au loyer comme le ministère souhaite le faire pour les librairies demanderait à Harmonia Mundi d’ouvrir ses rayonnages à d’autres références, majors et indépendants. Une condition sine qua non qui impliquerait une baisse des ventes des références distribuées par Harmonia Mundi.
Si le choix de la fermeture pure et simple semble être la plus logique, elle prive Harmonia Mundi d’un réseau de points de vente en centre-ville, identifié et prêt à porter le nouveau marché de musique matérialisée, un marché de niche à forte valeur ajoutée.


Harmonia Mundi est devant un choix délicat. Se priver d’un réseau de diffusion avec la fermeture des boutiques, ou les sauvegarder, et donc ouvrir les rayons aux catalogues des autres distributeurs.

La musique sur support va quitter le marché des biens de consommation courante pour être un marché de niche. Ce marché a besoin d’un réseau de lieux d’échange, de rencontre, pour chiner, parler, découvrir. Un espace proposant une expérience sociale de la musique, favorisant les découvertes qu’aucun site de VPC n’a su à ce jour créer.

lundi 11 mars 2013

La semaine polonaise de Viva Musica

Le semaine du 4 mars 2013, je me suis amusé sur Facebook à publier une vidéo d'un artiste polonais glané au pif dans ce foutoir mal rangé et mal foutu qu'on appelle YouTube.
J'ai pris sur mon temps de loisirs pour aller glaner, de moteur de recherche en moteur de recherche, de lien en lien, quelques jolies surprises polonaise. Une condition, être chanté en langue polonaise.
Le point de départ, c'est la découverte sur mon mur Facebook de Maria Peszek.

Lundi 4 mars
Place à Maria Peszek, avec un titre de 2005 Moje Miasto.
Ce titre lancinant pose bien l'univers de la chanteuse, également comédienne, qui a sorti un album l'an dernier qui se nomme Jezus Maria Peszek.


Mardi 5 mars
Czeslaw Spiewa, un groupe polonais (avec plein de consonne donc), une superbe belle surprise. Si quand on farfouille un peu dans la discographie du groupe, on trouve toujours un peu la même chose niveau arrangement ou mélodie, Czslaw Spiewa reste une belle surprise; On regrette de ne pas comprendre les paroles. Accordéon, violon saxophones/clarinettes un zeste folk et un zeste pop le tout autour du chanteur leader Czeslaw Mozil. Le titre Maszynka Do Swierkania est extrait de l'album Debiut, enregistré en 2008

Mercredi 6 mars
Tori Amos en polonais, ça doit se dire Gaba Kulka. Chanteuse et pianiste. Une artiste assez intéressante qui tend sur certains morceaux sur du Kate Bush en polonais qui n'hésite pas à changer de style avec une forte personnalité.
Le titre Niejasności est extrait de l'album Hat, Rabbit sorti en 2009.

Jeudi 7 mars
Mela Koteluk, une belle polonaise de 28 ans chante Dlaczego Drzewa Nic Nie Mowia extrait de l'album sorti en 2012 Spadrochon.
Je vous invite à découvrir quelqu'un de ces titres de son premier album comme Melodia Ulotna ou Stale Plynne.

Vendredi 8 mars
Entre Tom Wait et Paolo Conte avec un cassage de voix goût volka le tout à la sauce polonaise.
20 ans de carrière pour le chanteur poète et guitariste (même si ça ne voit pas des masses sur cet extrait). Il s'appelle Mark Dyjak et, c'est un peu cliché, mais il a commencé comme plombier; un plombier polonais donc. Ça craque et c'est roc, ça sent bon l'Europe de l'Est. Ya des trucs un peu déroutant chez lui. Il s'agit de Człowiek (Złota ryba), extrait live de l'album Moje Fado (2011) .

Pour conclure cette semaine polonaise, j'ajoute pour le week end deux titres qui sortent de la discothèque.
Le premier est une reprise de l'Estaca, chant catalan anti Franco de Lluis Llach. La version polonaise, Mury (mur) est de Jacek Kaczmarski, en 1980. L'extrait est un live fin des années 80.

Le second titre est extrait de l'labum Uprooting des Warsaw Village Band, une bande de pote qui souhaite contrer le conformisme et la culture de masse avec une musique parant de la musique traditionnelle polonaise. Le titre est In The Forest.

Et vous, c'est quoi votre coup de coeur polonais ? 




mercredi 31 octobre 2012

La Fnac arrête le téléchargement

La FNAC n’est vraiment pas une entreprise comme les autres : l'annonce du Figaro du 31 octobre de l’arrêt de la vente de musique dématérialisée depuis fnacmusic.com en est la preuve.
Le physique aura survécu au téléchargement dans l’enseigne française. Miracle de l’exception culturelle française.
Retour sur une séparation annoncée. 



Ça fait des années qu’à chaque fois que vous mettez deux distributeurs dans une même pièce, raisonne le même refrain. La FNAC a lancé (encore) une étude pour voir si c’était pertinent d’arrêter de vendre des CD.
Et la réponse des cabinets d’expert étaient la même. Continuez !  Le contenu est un produit d’appel pour vos clients donnant une image culturelle et sérieuse au magasin de Tv et de téléphone. Comprenez, c’est plus classe d’acheter sa TV ou son téléphone à la FNAC qu’à Surcouf.

Un divorce qui ne dit pas son nom

Il suffit de passer quelques mois du côté de la distribution physique de CD pour comprendre la rupture entre la musique et la FNAC ne date pas d’hier. Centralisation des achats d’office sur certains magasins (catégorie C et D) et donc impossibilité de commander certaines références dans ces dit magasins. Impossibilité aussi de faire du réassort car les stocks sont centralisés. Si la FNAC d’Avignon a vendu tous ses albums d’intel, elle ne peut en recommander car il en reste à la FNAC de Bourges. CQFD.
Réduction des espaces de ventes, stratégie de grandes surfaces (et pas que les marges arrières) faites sans le style d’un bon vieux Carrefour. A cela ajoutez les changements de directions à tous niveau au moins tous les ans, et vous aurez un aperçu de ce qu’est la FNAC, cet agitateur de talent.

Quand être en centre-ville devient un défaut

Une marque, FNAC pour 3 produits sans véritable liens : fnacmusic.com, fnac.com et un réseau de magasins, plutôt en centre-ville.
En 10 ans, l’agitateur culturel a réduit l’espace de vente du CD pour d’abord le DVD pour l’écran plat puis enfin les produits high tech. La particularité des enseignes voulant mettre en avant l’émergence avec des gilets verts prêt à vous conseiller est devenue un mythe avec quelques rares exceptions par-ci par-là.
En 10 ans, ses clients, plutôt bobos et étudiants, un public de centre-ville, est sortie avec des colis de plus en plus lourds et des factures de plus en plus grosses. Le commerce de proximités de biens culturels s’est retrouvé en concurrence avec les grandes surfaces de la hi fi et électroménager en proposant un nouveau challenge à ses clients : pourquoi venir payer plus cher un écran plasma dans un magasins en centre-ville n’ayant pas de parking ?
Le centre-ville, la force historique des FNAC qui ont au passage  éradiqué les disquaires indépendants par cette géolocalisation, le centre-ville, cette force devient sa principale faiblesse.
Que nenni, les FNAC apparaissent dans les zones péri urbaines. On ferme FNAC Bastille à Paris pour ouvrir FNAC Cergy en banlieue. On réduit les tailles des bacs, on réduits les espaces de communications pour les évènements locaux, on réduit l’espace dédié au contenu. Bref, on s’adapte.
Avec fnac.com, on agite le chiffon rouge. NON, on ne réduit pas les références en magasin, car tout est dispo sur fnac.com. On innove aussi avec fnac.com en créant une plateforme online concurrente de sa chaîne de magasins n’ayant ni les mêmes produits, ni les mêmes prix.

Fnacmusic.com, ce rêve fou

Et puis il y a fnacmusic.com. ça a très mal commencé. Un choix de format propriétaire et drmisé (le wma) un paradoxe quand on vend par palette des iPod qui tourne au AAC.
Un processus d’achat qui a mis du temps à évoluer (une avalanche de clic pour faire un simple achat en ligne), à des années lumières d’Amazon ou iTunes (on disait Apple Music Store à l’époque).
Un moteur de recherche qui ne prend pas les accents. Une recherche de la meilleure vente de l’époque, Christophe Maé, et vous tombiez sur un disque de Yo Yo Ma jouant avec un certain soliste se prénommant Christophe.
Fnacmusic.com a lutté pour ne pas mettre la clef sous la porte, a lutté pour exister, pour percer, a lutté pour juste être … un sous iTunes.
La fin de fnacmusic est somme toute assez logique. Ce gouffre financier du groupe FNAC bien en difficulté sur tous les terrains ne va pas déchaîner les passions à sa fermeture. Un site sans lien avec l’enseigne, sans apport.
Fort de son monopole, iTunes devient la solution de téléchargement de la FNAC. Une aubaine pour iTunes qui pourra en savoir plus sur le profiling des clients FNAC.

Un distributeur physique disait en 2006 :
« Vous aimez le monopole de la FNAC en distrib ? Alors vous allez adorer Apple ! »
 6 ans plus tard, le Rubicon est franchis. Qu’on le veuille ou non, la vente de musique sur Internet en téléchargement c’est iTunes. Un système fermé, un monopole mondial. Un leader par défaut qui ne s’intéresse pas du tout à la valorisation du contenu et l’optimisation du marché émergeant de la vente de musique dématérialisée.
Le marché de ma musique en ligne ne peut évoluer. C’est un marché mort née avec un seul bénéficiaire. La grande GSS qu’est la FNAC vient d’en tirer les conséquences. 

vendredi 30 mars 2012

Viva Gazetta


Après Viva Ovalia, la première chronique sportive sur Radio Néo, qui décryptait la magie du rugby en musique, je suis de retour sur la radio révélateur de talents. 
Chaque vendredi, retrouvez donc Viva Gazetta, le premier JT hebdomadaire de la FM en paroles et en musiques.
Chaque vendredi, rendez-vous à 7h40, 10h15, 13h10 et 20h10 à Paris sur le 95.2, à Bourges au 100.0 et à Toulouse au 94.8 et bien sûr sur le site de Radio Néo
Le podcast est déjà disponible sur Radio Néo et bientôt sur iTunes.

lundi 30 janvier 2012

Il est né Le Divin Enfant



Rien ne vaut une naissance pour apporter un peu de bonheur dans une famille. Surtout quand l’enfant est voulu de tous. Retenez cette date, le 28 janvier 2011.
Historiquement en crise et en conflit, la filière musicale a signé le protocole d’accord du CNM. Pour la première fois la filière est unie. Signe que la crise a bel et bien touché toute la filière et pas seulement les producteurs et les majors comme le veut l’adage.

D’Universal à CD1D, des éditeurs au PRODISS, des fédérations de labels aux syndicats des distributeurs, de la SACEM à la SPEDIDAM, indés, majors, tout le monde était là cet accord historique. Seule la CGT Spectacle n’a pas signé, pour contester le manque de garantie du financement et l’absence des régions alors que la CGT Spectacle…… valide le projet !

Sous des faux airs de faire part de naissance, le discours de Frédéric Mitterrand a insisté sur le caractère historique de l’événement. « plus que de l’enthousiasme, c’est un nouvel élan pour l’ensemble de la filière ». A la sortie de la conférence de presse, un vent d’optimiste soufflait entre les flûtes de champagne. Voilà bien longtemps qu’une telle météo avait été vu dans les couloirs du MIDEM.

Le CNM entame son sevrage avec la mise en place d’une association pour l’application de son protocole d’accord. Au programme, la constitution juridique de la nouvelle structure et la mise en place du programme d’action (comme les aides vont être mises en place par exemple) avant une ultime validation par l’Union Européenne ce printemps.
Tous n’est pas rose dans ce tableau. Des défis sont à relever comme la pérennité du financement en cas de baisse de la taxe affectée (taxe sur les fournisseurs d’accès sur les offre TV mise en place pour le CNC lors des premières box des offres Tri-play). Autre chantier, l’intégration de l’IRMA, CNV, Bureau Export et consorts en un seul et unique CNM.
Les premiers pas du CNM sont prévus pour octobre, et ce, quelque soit les résultats du printemps électoral. 

MIDEM, le point à mi parcours



Si l’an dernier le MIDEM avait des airs moribond de dernier MIDEM, la 46 ème édition donne un nouveau souffle et de nouvelles perspectives à ce salon professionnel.

Quand une filière est en crise, son salon professionnel aussi doit se reconstruire. La place de marché International qu’est le MIDEM change lentement de visage.
Fini donc le salon des labels venant chercher un distributeur à l’étranger. Fini ces réunion B2B entre acteurs du disques et de la distribution. Ou presque. On retrouve cette faune dans les couloirs du Majestic ou dans les bars autour du palais. Le marché reste le marché.
Le 46eme MIDEM s’offre un mariage de raison. Le MIDEMNET, créé en 2000, fait enfin partie intégrante du MIDEM.
Un nouveau public hante les allées. Il y a beaucoup moins de monde que l’an dernier mais le taux de visiteur en mode « mon premier MIDEM » semble à la hausse.
Nouvel espace
Concentrer dans l’espace Riviera, les stands des sociétés civiles, lieu de rendez-vous pour labels et pro partage l’espace avec des start Up. Un vent frais et nouveau d’innovation, représenté par de jeunes entrepreneurs plein d’enthousiasme. En contraste avec la filière « historique » en crise depuis plus de 10 ans.
Le sous sol, lieu historique de la salle de marché, est remplacée par des salles de conférence et de workshop qui ne désemplissent pas. Conférences, rencontre, Speed Dating. Le programme oblige a faire des choix. On peut regretter sur ce salon Internationale la sur représentation des acteurs américains sur les stratégie Marketing Online. On croise dans les allées du salon des start up européenne et sud américaine bien moins arrogantes et souvent bien plus pertinentes.

Il est trop tôt pour faire un bilan du MIDEM mais le résultat à mi-parcours est plutôt positif. Tel un Phoenix, le MIDEM semble renaitre de ses cendres. On assiste à un renouvellement du public. A voir comment les « accrédités historiques » vont s’intégrer dans le paysage.

jeudi 8 septembre 2011

VIVA OVALIA débarque sur les ondes !



Le hazard fait bien les choses. Quelques heures après "ma rentrée d'arbitrage" Radio Néo me propose un pari fou pendant la coupe du monde rugby. Deux minutes de chronique la veille des jours de matchs pour parler rugby et... musique !
Cette pastille sonore est diffusé chaque veille de match donc à Bourges 100.0 FM, 95.2 Paris FM Toulouse 94.8 FM et bien sûr sur le site de Radio Néo à 20h50. Les auditeurs de la vlle rose auront en primeur la chronique à 8h50.
Un podcast sera également disponible ainsi que les références des musiques citées sur le blog de Radio Néo

mardi 6 septembre 2011

Le derby Deezer vs Universal


Comme le relève Musique Info, le verdict est tombé lundi 5 septembre. L'ordonnance du TGI, je cite Musique Info "met en avant la position dominante exercée par Universal sur le marché de la musique numérique, permet en effet au site de streaming de continuer à proposer gratuitement les chansons de la première des majors." 
Universal a perdu la manche. 1-0 pour ou plutôt 2-1. Universal avait marqué contre son camp en rendant "légal" Deezer à sa naissance.  Après de nombreuses actions offensives de leur meneur de jeu Pascal Nègre la major égalise sur cette plainte suite au changement des limitations d'écoute de Deezer. L'arbitre du TGI siffle un pénalty qui redonne l'avantage à Deezer. 
En tout cas, le match est loin d'être terminé et le spectacle d'une belle rencontre donnant naissance à des services innovants et rémunérés est en train de s'effacer pour devenir un derby de clocher, un jeu saccadé de faute avec un mauvais esprit des deux équipes. La riposte d'Universal ne va pas se faire attendre. 
Alors que faire pour relancer le match ? Comment désamorcer la bombe ? Universal est capable de faire un bon match face à Spotify ou même Youtube qui joue qu'avec une ligne offensive gratuite. Deezer de son côté nous livre de beaux matchs avec les autres majors et agrégateurs. Pour voir disparaitre cette ambiance Classico, pour ne pas voir des hordes d'holligans dévaler le web et tout détruire sur leurs passages, il faut sortir de cette relation conflictuelle... Puisque deux acteurs français nous la jouent derby sanguinaire, souhaitons que l'ambiance sordide d'un OM - PSG se transforme en un autre Classico, le Crunch, France - Angleterre en rugby. C'est tout aussi rugueux dans la défense de ses positions mais au moins y a une troisième mi-temps. Messieurs, soyons virils mais corrects. Une petite générale pour se vider les nerf set on repart sur une mêlée. Faudrait pas perdre toute son énergie dans un combat pathétique quand on voit les autres mastodontes que ces équipes devront affronter.

mardi 16 août 2011

"Quand j'étais mort" Allain Leprest


Aujourd'hui, je n'ai pas de "sourire supérieur aux normales saisonnières". Allain Leprest est mort. il est "devenu du jazz dans le sax du bon Dieu" Ce n'est pas le cancer qui l'a emporté, mais lui même. Allain Leprest s'est donnée la mort le week end du 15 août dans l'indifférence générale la plus troublante. 
La chanson française vient de perdre un belle plume. Franc, entier, les textes de Leprest résonnaient comme un gavroche des temps modernes, le témoignage d'un Paris un peu crasseux, un peu alcoolique et résolument attachant, un comble pour un normand. On retrouvait aussi chez Allain Leprest la simplicité. La simplicité du quotidien comme dans "Quel con à dit ?" , la simplicité des mots qui mis bout à bout construisaient des monumentales chansons abordant tous les sujets, surtout ceux sont on ne trouve pas les mots comme sur "Arrose les fleurs" et "qu'a dit le feu qu'elle a dit l'eau" "tout c' qu'est dégueulasse"  qui portent de jolis noms ou l'improbable "quand j'étais mort".
Allain Leprest savait écrire. Poète, auteur, chanteur.... Voilà un bougre d'artiste qu'on ne savait ranger dans une boite. C'est peut être pour ça que le grand public le connait si mal.

J'ai eu la chance d'échanger quelques mots avec lui, ébloui par la patate scénique du bonhomme dans une petite salle de Saint Ouen.  "On m'avait dit que j'allais mourir dans 2 mois, et deux ans après plus je chante plus je vis". C'était pour la sortie de quand auront fondu les banquises et le titre éponyme qui réinvente avec plein de poésie la géographie post apocalyptique d'un Paris congelé et inondé.
Sa voix rocailleuse s'est éteinte. Il nous laisse ses oeuvres, et celles  qu'il a écrit pour d'autres en espérant que d'autre plume comme la sienne verront le jour. Je vous laisse avec un extrait de son dernier album, "Lue", un texte lue qui conclut "Chez Leprest Volume 2" où Olivia Ruiz, Anne Sylvestre, Clarika, Alexis HK, son compère Romain Didier, Amélie les Crayon, Kent, La Rue Ketanou et bien d'autres donne de leurs voix pour ses textes. 
L'album (que je vous conseille au passage) se termine avec, en piste cachée, ce texte lue par l'auteur dont voici la retranscription :
"Tu es lue par des lionnes
Lue comme un roman noir
Sous ma loupe ma lampe
et sous ma couverture
Mon héroïne, 
mon amante du cinquième art
Tu es lue

Je parcours dans mon lit tes ratures
Tu es lue
Entièrement
Complètement lue

Je te dévore des yeux
je me paye ta tranche
Tu te livres à mes doigts de papievore goulu
Et j'annote nos marges avec mon encre blanche

Tu es lue
Je pends au cou de tous tes signes
Pourtant je ne perçois de toi que des images
Si lue de la première à la dernière ligne
Je m'endort glissant en toi mon marque page
Lue

Lue si 
Tu es lue
Lue de la tête au pied
Couchée dans ma bibliothèque pirogue
Lançant par dessus bord tes dessous de papier 
Maintenant le suspense jusqu'à notre épilogue
Lue dans les coulisses du ghetto
Lue à la une des journaux militants des hebdos aux parfums
T'es à poil quoi
Dans une main qui tient la plume
Et tu laisses après toi 
Ton silence écrive "
Lues - Allain Leprest.

mardi 3 août 2010

En gestation

Le temps passe et voilà déjà un petit moment que je n'ai pas écrit de ligne sur ce blog. Une nouvelle version (la 4ème pour les plus fidèles) est en préparation avec tout sur mon activité de distribution, tout sur mon activité de web journalisme, quelques coup de coeur et un zeste de rugby.
En attendant une nouvelle version du blog, vous pouvez me lire sur wearemusik, quelques fois chez Virginie et à partir de juin dans Musique Info. Comme le dit le proverbe, en juin, récolte les foins et code ton nouveau site.